Grande Guerre – Hommage à tous les soldats de la France

Grande Guerre – Hommage à tous les soldats de la France

14- 18

4 ans, 3 mois, 14 jours

70 millions de soldats

10 millions de morts

20 millions de blessés

3millions d’hectares de terres agricoles perdues

6 millions de prisonniers

1,5 milliards d’obus tirés

70 pays

Ces tristes chiffres sont ceux de la « Der des der », cet affreux conflit qui n’aura épargné rien ni personne. Une véritable catastrophe humaine politique, économique et écologique. Une guerre pour rien, une guerre absurde. L’essence de la guerre, n’est-ce pas justement l’absurdité ? Des millions d’hommes plongés dans la boue, la fange et le sang ; et pourquoi ? Pour un combat qu’ils n’avaient pas choisi, parce qu’il n’était pas le leur.

Dès le 28 juillet 1914, ces hommes qui ne s’étaient jamais rencontrés, qui ne se connaissaient même pas, ces hommes ont été forcés de s’entretuer. Folie que tout cela.

Malgré la souffrance, malgré le sang, malgré la mort, tous se sont pourtant battus pour la gloire et la fierté de leur pays et pour la liberté, cette valeur fondamentale du peuple français.

Aujourd’hui, 11 novembre 2018, un siècle tout juste après l’Armistice de 1918, ce sont à ces hommes que je souhaite rendre hommage. Tous ces hommes qui ont versé leur sang pour la France et pour la République ; ces soldats, qui donnaient leur vie sur le front, ces civils, victimes des bombardements et de la fureur des combats.

Parmi ces hommes, ces héros, ces martyrs tombés pour la liberté, je n’oublie pas ceux qui, malgré le lourd tribut qu’ils ont dû verser, ont dû attendre la loi Diagne de 1916 afin de se voir reconnaitre la possibilité d’accéder à la citoyenneté française à la condition qu’ils fussent résidents de Saint-Louis, Gorée, Rufisque ou Dakar. Je veux parler ici des tirailleurs sénégalais.

Les rangs de cette armée coloniale comptaient près de 130.000 hommes, tous ressortissants des 17 pays africains qui se trouvaient alors sous domination française. Parmi ces soldats ayant combattu sous les drapeaux français, 30.000 d’entre eux ont trouvé la mort lors de la Grande Guerre. Malgré cet inestimable sacrifice, les « Dogues noirs de l’Empire », tels que les surnommait le grand Leopold Sédar Senghor, sont demeurés fidèles à la France, et participeront également aux guerres coloniales menées ultérieurement par la France.

Las ! Ce courage, cette abnégation face à l’horreur de la guerre ne sera reconnue que bien tard. Trop tard même. Il est difficile de ne pas mentionner ici le massacre de Thiaroye, en décembre 1944, lequel causa la mort de 70 soldats sénégalais, abattus par des gendarmes français au seul motif qu’ils réclamaient le paiement de leurs indemnités. En octobre 2012, à l’occasion d’un discours prononcé à Dakar, François Hollande, alors Président de la République, effectuait un premier pas vers la réhabilitation des tirailleurs, en reconnaissant la responsabilité de la France dans ce massacre.

Le Président Emmanuel Macron a entendu reconnaitre sans ambiguïté, et avec toute la justice qu’il réclame, le rôle de l’Afrique dans la défense de notre patrie, notamment durant la Grande Guerre. En invitant le président malien Ibrahim Boubacar Keïta à assister à l’hommage rendu le 6 novembre dernier à Reims, durant lequel a été inauguré le Monument aux héros de l’armée noire, le Chef de l’État a indéniablement effectué un geste fort à l’adresse de ces hommes tombés pour la Nation.

Cet acte fondateur ne doit pas rester isolé, et il convient à ce que les tirailleurs africains fassent partie intégrante de l’histoire de la Première Guerre Mondiale en France. Leur place légitime est aux côtés des héros français qui se sont illustrés pendant le conflit. Rendre ainsi un honneur légitime à ces soldats, c’est également célébrer cette diversité qui fait aujourd’hui la richesse de la France.

 

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