Coopération et multilatéralisme : La force de l’union

À bien des égards, la période que nous traversons depuis plusieurs mois maintenant peut sans aucun doute être qualifiée d’exceptionnelle.

Exceptionnelle

Exceptionnelle, car nul n’aurait imaginé il y a seulement un an que notre planète serait frappée d’une pandémie telle qu’elle n’en a pas connue depuis plus d’un siècle. En mettant à genoux les systèmes de santé et les économies des États les plus puissants au monde, c’est dans la souffrance et dans la mort que la Covid-19 nous a rappelé que celui qui n’y prend pas garde peut aisément être renversé par plus petit que lui.

Dans la région du Sahel, où coule trop régulièrement le sang des civils et des innocents, ce ne sont pas des troupes régulières, lourdement armées et entrainées, qui persécutent les populations, mais des cellules terroristes de taille modérée dont le fanatisme compense les lacunes matérielles. Cette influence djihadiste permanente mine toute une région, et empêche le développement économique et social de nombreux États, créant ainsi un cercle vicieux où l’instabilité engendre la précarité, la précarité engendrant à son tour la colère, qui elle-même finit par engendrer la radicalisation.

Sur le plan climatique, les dernières observations du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat – le GIEC – évoquaient différents scénarios où la température globale augmenterait de quelques degrés, seulement en raison de l’activité humaine. Insignifiante en apparence seulement, une telle hausse provoquerait pourtant – entre autres – une augmentation du niveau des océans susceptible de contraindre des millions de personnes à adapter leurs modes de vie, voire à abandonner leurs foyers afin de migrer vers des zones habitables, provoquant par ricochet un accroissement des tensions sociales et géopolitiques.

« Des inquiétudes naît le courage »

Ces événements, et tant d’autres encore, doivent nous interpeller, et nous faire prendre conscience que toutes les tragédies commencent à petits pas, dans le silence. Plus encore, ces faits, aussi isolés qu’ils puissent paraître de prime abord, doivent nous rappeler qu’il n’est aucune problématique qui ne puisse être considérée comme propre à telle ou telle entité, qu’elle ait les dimensions d’un État ou d’une simple communauté.

Cette période est exceptionnelle parce qu’incertaine, parce qu’inquiétante, nul ne peut le nier. Néanmoins, c’est de l’incertitude que naît la résolution, et ce sont des inquiétudes que naît le courage. Cette résolution et ce courage, il nous faut les avoir ; non pas individuellement, mais d’une manière collective, car ce n’est qu’ainsi que nous parviendrons à surmonter les obstacles qui s’offrent à nous aujourd’hui.

Ce vendredi 17 juillet, le Président de la République Emmanuel MACRON s’est rendu à Bruxelles où, pour la première fois depuis que la pandémie a atteint notre continent, il assistera durant deux jours à un Conseil européen exceptionnel, qualificatif à la hauteur des enjeux en présence.

En effet, et ainsi que l’a rappelé le chef de l’État, l’Europe est aujourd’hui à un moment de vérité, à un moment d’action ; elle se trouve précisément à l’un de ces moments qui doit décider de son avenir. Nietzche disait que « l’Europe ne se fera qu’au bord du tombeau » ; force est de considérer que c’est également au bord de celui-ci qu’elle doit désormais se donner les moyens de concrétiser les ambitions économiques et sociales qu’elle a esquissé depuis maintenant plusieurs semaines.

Renforcer notre union

Ces ambitions, ce futur, ne pourront en effet se réaliser qu’à condition que l’Union avance unie face à l’adversité. L’accord franco-allemand du 18 mai dernier, puis le plan de relance proposé par la Commission Européenne, doivent servir de fondation à un nouveau pacte européen, écologique et social. Quitte à ce qu’un compromis nous amène dans un second temps à un consensus, nous ne pouvons pas nous permettre de faire l’économie de la coopération. À cet égard, les milliards d’emprunts communs et de subventions proposés par l’Allemagne et la France, puis par la Commission VON DER LEYEN doivent nous permettre, en portant assistance aux secteurs les plus touchés par la crise partout en Europe, non seulement de pallier les conséquences économiques et sociales de la pandémie, mais encore nous permettre de renforcer notre union, au sens le plus littéral du terme.

Au-delà des frontières du Vieux Continent, c’est également en sauvegardant ce qui nous rapproche plutôt qu’en aggravant ce qui nous oppose que nous parviendrons à triompher des maux qui affligent un peu plus chaque jour les relations internationales.

Avant même que ne survienne la crise sanitaire, de nombreux États de par le monde était sujets à une montée en puissance inquiétante des populismes. Qu’il s’agisse des États-Unis de Donald TRUMP, du Brésil de Jaïr BOLSONARO, ou encore la Turquie de Recep Tayyip ERDOGAN, tous ont amorcé depuis plusieurs années déjà un mouvement de repli nationaliste aux dépens des instances multilatérales, pourtant seuls vecteurs susceptibles de préserver au mieux l’ordre mondial.

Avec la pandémie de Covid-19, les fractures sont devenues des gouffres : soucieux de préserver leur cohérence idéologique au mépris de l’intérêt supérieur de leurs populations, les présidents américain et brésilien ont jugé opportun de traiter la situation sanitaire avec une légèreté dont les conséquences persistent encore avec gravité ; pire encore, non content de ses multiples sorties sur l’Organisation Mondiale du Commerce, l’OTAN ou encore la Cour pénale internationale, Donald TRUMP est allé jusqu’à annoncer la suspension de la contribution américaine à l’Organisation Mondiale de la Santé, avant de tout simplement enclencher la procédure de sortie de son pays de la seule instance internationale compétente en matière de santé publique.

Multilatéralisme : véritable puissance

À l’inverse, notre pays, notamment par la voix du Président de la République mais également par celle du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves LE DRIAN, n’a eu de cesse de promouvoir un renforcement du multilatéralisme sanitaire, mais également de l’ensemble des mécanismes et vecteurs de coopération internationale. Sans jamais s’enfermer dans un dogmatisme aveugle, la France a appelé, et appelle encore aujourd’hui, à corriger les insuffisances et à soutenir les réussites, nombreuses, de ces instances.

Il s’agit sans aucun doute possible de la manière la plus responsable de concevoir les relations internationales à une époque où nos divisions auront à court, moyen et long termes, des conséquences dramatiques sur notre avenir commun. Ici encore, la coopération et la solidarité apparaissent comme les seules réponses crédibles aux difficultés auxquelles nous faisons face.

Dans ce contexte, j’ai notamment appelé pour ma part dans une tribune récente à nous interroger sur la manière dont notre pays, et plus largement l’Union Européenne, doit repenser ses relations avec le continent africain. Souvent décrite de manière caricaturale comme une terre d’instabilité politique, de conflits armées et de pauvreté, l’Afrique a, malgré la crise, le regard tourné vers l’avenir. Comme elle, il nous faut porter les yeux vers cet horizon commun, vers lequel il nous faut avancer ensemble, comme des partenaires.

Il est certain que le monde d’après ne ressemblera en rien au monde tel que nous l’avons connu. Au-delà de cette certitude, c’est à nous toutes et nous tous qu’il revient de faire en sorte que cet avenir soit placé sous le signe de la coopération et du progrès plutôt que du repli nationaliste et de l’obscurantisme.

En cela, je soutiendrai comme je l’ai toujours fait les initiatives menées par le chef de l’État et le Gouvernement en faveur de la solidarité et de l’aide au développement, vecteurs cardinaux de toute politique internationale qui fait de l’égalité de traitement et du respect de l’autre des prérequis incontournables.

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