[#BiodiversityDay] La santé environnementale, indispensable prérequis de la santé humaine

Des animaux sauvages en plein centre-ville, des eaux cristallines, un air plus pur… Autant de signes laissant à croire que le confinement des populations humaines constitue une chance pour la nature ; et pour cause, lorsque l’activité humaine ralentie, la pression exercée sur l’environnement l’est autant. Pourtant, si ces phénomènes peuvent sembler merveilleux de prime abord, l’autosatisfaction coupable vers laquelle ils peuvent nous mener les rend également particulièrement dangereux.

Car en réalité, et en dépit de cette atténuation ponctuelle de notre impact environnemental, nous sommes loin d’avoir neutralisé l’inexorable érosion de la biodiversité que nous avons-nous-même mis en branle.

Nous nous trouvons à cet instant précis à la croisée des chemins : notre regard embrasse tout à la fois l’avenir – ou plutôt l’absence d’avenir – qui nous attend si nous persistons dans nos errements, nos modèles de production et de consommation fondés sur la surexploitation des ressources naturelles ; et ce que la vie sur Terre pourrait être si nous acceptions de changer complètement de logiciel.

Auteur d’un rapport sur l’érosion de la biodiversité, de même que de nombreux textes visant à mettre en lumière cette dynamique mortifère pour l’ensemble du vivant, je peux affirmer sans ambiguïté que la crise que nous traversons en est une conséquence directe. Une conséquence parmi d’autres, car d’autres facteurs viennent aggraver une situation déjà délicate, au premier rang desquels le changement climatique.

En effet, l’altération du climat provoquée par l’activité humaine entraine parfois des phénomènes inattendus comme la prolifération d’espèces à la faveur d’une augmentation de la température, lesquelles deviennent parfois incontrôlable du fait de l’absence de prédateurs naturels. Or, cette évolution peut avoir des conséquences dramatiques pour les cultures agricoles, pour la santé humaine, pour l’économie, ou encore pour la sécurité alimentaire.

Tandis que la France s’émerveillait de la présence de daims au cœur de la ville de Boissy-Saint-Léger, l’Afrique de l’Est, et plus particulièrement l’Éthiopie, subissait et subie encore de plein fouet une invasion de criquets pèlerins, véritable fléau agricole pour ces pays déjà gravement touchés par l’insécurité alimentaire.

Que ce soit en Somalie, au Kenya ou en Éthiopie, cette catastrophe est tout simplement en passe de provoquer une famine généralisée. Or, de nombreux experts scientifiques désignent le réchauffement climatique comme responsable de cette invasion, rendue possible par des conditions météorologiques régionales favorables à la prolifération de ces insectes. Cette situation n’a donc non seulement pas vocation à s’améliorer, mais elle sera appelée à empirer à mesure que progressera le dérèglement du climat.

Aujourd’hui, ces pays doivent également faire face à la première vague épidémique de Covid-19, la même que celle qui a mis à genoux les systèmes de santé et l’économie des pays les plus riches de la planète. Comment ne pas percevoir le drame qui est sur le point de se produire pour des populations qui doivent également composer avec des risques de famine ?

Bien qu’il ne soit pas démontré avec certitude que l’absence de prédateurs du criquet pèlerin soit liée à l’activité humaine, les ravages causés par ce nuisible nous donnent un aperçu de ce qui pourrait arriver si l’équilibre du vivant devait être davantage mis à mal.

Il nous faut plus que jamais prendre conscience de l’urgence qui s’impose à nous, et que celle-ci ne saurait être considérée comme le seul problème des pays concernés. Les causes et les conséquences de ces phénomènes nous concernent toutes et tous, et il convient de nous engager dans un processus de réflexion mondiale portant sur l’ensemble des enjeux écologiques en présence, y compris et surtout s’agissant de la préservation de la biodiversité.

Retrouvez la conférence Diagnostic Commun, organisée par le Ministère de la Transition écologique et solidaire, consacrée à la biodiversité

*Photo prise par kolibri5–240538

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s